Fatigués,
sans doute, par les cadences infernales que subissent nos députés depuis
si longtemps, nos élus du peuple se sont votés cinq semaines de congés payés supplémentaires, et ce à peine après avoir voté la loi sur le non-cumul des mandats.
Entre
le nombre d’ordres qu’ils reçoivent de la Commission européenne, les
lois qu’elle les autorise encore à voter, entériner et faire publier les
directives de Bruxelles, nos députés sont épuisés, leur tâche devient
insupportable ; ils se retrouvent au xixe siècle, c’est Germinal ou La Bête humaine.
Adopter
des lois essentielles comme les sanctions à l’encontre des clients des
prostituées, le mariage pour tous, l’entrée dans l’Europe de la
Roumanie, le brevet sur le vivant, le permis de tuer les insectes
butineurs, la promotion et le favoritisme de l’agriculture chimique (et
des industries agrochimiques liées), le traité de libre échange avec les
US etc. Chacun complétera à volonté…
On comprend
aisément qu’ils veuillent à tout prix abandonner la souveraineté
française : la France n’étant plus qu’une province européenne, leur
charge de travail s’en trouve allégée d’autant (mais rassurez-vous, pas
leurs émoluments !). Du coup, pourquoi ne pas en profiter pour briguer
quelques mandats supplémentaires ? Ça mettra un peu de beurre dans les
épinards ou, devrais-je dire, un peu de Smirnoff pour faire passer le
Beluga ?
Bref !
Sauter sur cette occasion de se remplir les poches – pour notre bien à
nous, les électeurs et contribuables, cela va sans dire –. Mais afin de
ne pas mouliner dans le vide, le faire correctement : pour gagner une
élection, il faut y consacrer du temps, aller sur le terrain,
s’exprimer, se confronter, promettre (ah oui, ces chères promesses, ces
promesses si peu chères, celles qui n’engagent que ceux qui veulent y
croire… ). CQFD !
Pour gagner, il faut y consacrer les ressources nécessaires, qu’à cela
ne tienne : les électeurs seront heureux d’offrir leurs congés et leurs
frais de campagne à leurs élus, après tout, c’est pour nous qu’ils le
font … Ces congés ne sont-ils pas un peu courts pour mener sereinement
campagne pour les municipales ?
Jamais nous
pourrons les remercier assez pour les nombreux sacrifices (vie
personnelle exposée, juges intégristes ou intègres qui les poursuivent
pour le moindre petit faux pas) qu’ils font pour rendre notre vie plus
heureuse encore.
Leur abnégation
les pousse encore à décrocher un mandat de maire ; en effet, s’occuper
du problème de la hauteur des trottoirs, décidée peut-être à Bruxelles,
leur est essentiel. Il est quand même préférable d’être député-maire
pour mieux servir, et se servir, lors de l’attribution des marchés.
Ces députés après deux mandatures, ne touchent qu’une maigre retraite encore
amputée, il y a peu, alors qu’ils sont en emploi précaire. Ils ont tout
sacrifié pour être députés, autant leur vie professionnelle que leur
vie familiale (sans parler de leur vie sentimentale). Le Peuple
français, dans sa reconnaissance, leur accorde « le titre » d’avocat en
compensation du sacrifice de leur carrière sur l’autel du sacerdoce
politique.
Qui sont partis joyeux pour des campagnes de menteurs,
Dans ce terrible combat se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une défaite sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle démocratie à jamais enfouie !
Combien de maires oubliés avec leurs mauvais usages !
L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d’un souffle il a tout dispersé les honneurs !
Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée.
Chaque élection en passant d’un butin s’est chargée :
L’un a saisi les tunes, l’autre le bonheur !
Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous croulez à travers les amendes dues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
Oh ! que de vieux électeurs, qui n’avaient plus qu’un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours qu’ils crèvent
Ceux qui sont réélus !
D'après Victor Hugo
Et pendant ce temps, les maires des petites communes y sont souvent de leur poche !
RépondreSupprimerSi ce n'était que de leur poché !
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